J’ai rencontré Braden il y a 6 ans en Allemagne, en Erasmus. Quand je lui ai dit que je venais à Chicago, il m’a tout de suite proposé de nous héberger. On savait pas du tout à quoi s’attendre, encore moins à un truc comme ça. Une maison incroyable. Une vraie maison d’artiste : la Firehouse. Et elle porte bien son nom. Déjà parce que c’était réellement une caserne de pompier avant, réaménagée en loft, et ensuite parce que cette maison est comme un cerveau qui tourne et chauffe constamment. Ils sont en général 6 ou 7 collocs à vivre dedans (ça change assez souvent). Tous sont soit des musiciens, soit poètes.. enfin tous artistes d’une manière ou d’une autre.

C’est simple, cette maison est un espace de création constante. Dans la salle commune, qui est immense, on crée. C’est le soir, après le “day-job” de chacun, que c’est le plus impressionnant. Pendant que Braden découpe ses vieux magasines chinés étalés sur le sol pour en faire des collages, Nick compose au piano, qui trône au milieu de la pièce, et puis Braden commence à chanter avec le piano. Un autre arrive et sort la guitare. Puis un autre retourne un vélo et fait un rythme avec un baton dans une des roues qui tourne. Ça se transforme en boeuf général. Alors forcément, on s’y met aussi. À la fin de l’impro, Braden se lève et va appuyer sur un bouton. Puis sur un autre. On découvre alors avec beaucoup d’étonnement qu’il a tout enregistré. Ses bonnes enceintes rejouent l’enregistrement du jam, et tout ce beau monde se remet à improviser sur l’enregistrement. Tout ça, le plus naturellement du monde, comme si c’était finalement très habituel.

On voit aussi régulièrement de nouvelles têtes arriver, les amis musiciens, comédiens, ou une étudiante Bulgare rencontrée le jour-même (parlant parfaitement français) qui pratique une sorte de  médecine japonaise, et vient pour faire un massage/remise en place d’énergies positives/relaxation à notre hôte.

bradenfirehouse 1firehouse 2L’étage du dessus est le studio de répétition et d’enregistrement du groupe. (accessoirement notre chambre pour quelques jours). 3 de ses membres habitent là. Ils s’appellent les Whysowhite, et on fait leur première tournée nationale cette année. Leur musique est super cool, un mélange de funk de rock et de rap, jugez plutôt

On a profité de cette émulsion et toute ces énergies positives pour demander au chanteur principal de ce groupe, Nick, sa définition de la liberté.

Mais aussi, forcément, un bel accapella, que j’ai trouvé extrêmement doux et touchant, tourné sur le pas de la porte de la Firehouse :

J’ai aussi demandé la même chose à Jove, un ami de la Firehouse, comédien et musicien. Il venait souvent se poser sur le gros canapé pour discuter de ses pensées du moment. Au début, il a été intrigué que je lui demande de chanter accapella, et n’était pas habitué. Mais finalement, il a bien joué le jeu, je dirais même avec une certaine classe :

Enfin, je ne pouvais pas ne pas demander un accapela à mon ami Braden, qui, déjà à Heidelberg l’année de notre rencontre, m’avait chanté de très belles chansons avec sa guitare et sa voix grave. Mais pour cette fois, il a préféré nous dire un poème qu’il avait écrit. Un poème sur son pays. Par la même occasion, il nous a aussi livré sa définition de la liberté à sa manière.

En 4 jours, Chicago et la Firehouse ont réussi à nous insuffler une grosse dose durable d’énergie créatrice, et c’est incroyable de constater à quel point elle a contribué à tout ce que nous avons crée et entrepris depuis.

Comme un feu qui ne s’éteint pas.

(C’était l’été dernier, aux Etats Unis, nous étions deux, et cette étape est racontée par Victoire. Le premier épisode ici )

 

Music, Burgers & Freedom #5 – The Firehouse