Et hop, vers le Colorado. On sort des champs de maïs du Kansas et on arrive dans les grandes plaines du Colorado. On s’attend à tout instant à voir Lucky Luck passer sur Jolly Jumper.

Mais ce serait réducteur de résumer le Colorado à ses plaines. L’état a un peu de tout: des grandes forêts, des déserts, des montagnes. C’est d’ailleurs une destination de vacances très populaire aux Etats Unis.

On arrive à Alamosa, une petite ville sans trop de particularité, juste à coté du “Sand dunes National Park”, qui est en fait un erg (un désert de sable) qui s’étend sur quelques kilomètres carrés. C’est très surprenant à voir dans ce décor de montagnes, sapins et cours d’eau. Le soir, on profite du beau temps pour aller en ville voir un concert en plein air, 4 papys qui reprennent des classiques du rock, des gens qui dansent, et des brasseries artisanales qui vendent leurs bières à prix sympa. Plutôt cool.


Et une fois de plus, ce qu’on retient de ce passage à Alamosa, c’est notre rencontre avec Claudia et Henrique, qui nous accueillent dans leur petite maison dans la forêt et nous laissent un coin de canapé pour dormir. C’est drôle comme une fois qu’on commence le couchsurfing, les voyages qu’on fait changent, et on profite différemment.

Claudia et Henrique habitaient depuis quelques mois à Alamosa, Claudia étudiait, Henrique travaillait dans un magasin de sport. Ils nous parlent de la région avec enthousiasme, de la beauté naturelle qui les entoure, des grands espaces. Ils nous décrivent leurs voyages, leurs expériences de couchsurfing, les bonnes, les mauvaises, leurs moments de woofing. Ils nous racontent qu’ils partent dans quelques mois au Philippines, travailler dans une ferme. Ils nous donnent leur définition de la liberté.

Puis on leur parle de notre voyage, on leur raconte le Burning Man qui se rapproche, les gens que nous avons rencontrés, les moments que nous essayons de saisir avec notre appareil. Claudia accepte de chanter un acapella.

Bref. Difficile de résumer une rencontre en quelques lignes. Je crois que ce qui frappe dans le couchsurfing, c’est la spontanéité des gens que l’on rencontre. Le contexte fait que l’on voit les gens pour une période très courte, et qu’on est amené à partager des moments de vie quotidienne qu’on ne partage pas avec des inconnus habituellement, en tout cas pas si vite. Et de façon assez intéressante, ça libère, et permet de s’exprimer de façon assez personnelle, sans tabou, sans peur de jugement. Le couchsurfing permet de recréer à chaque moment son identité, de réfléchir sur ce qui en fait vraiment partie, et ce qui fait partie du contexte. Les gens parlent avec conviction, partagent des détails intimes de leur personnalité, rigolent de façon franche et ouverte. Les relations d’amitié qui se créent sont comme des polaroïdes ou chaque couleur ressort de façon très vive, ou chaque détail qui apparaît à l’image à une bonne raison d’apparaître.

Puis on repart après quelques jours. Avec l’idée, confuse, que ce serait cool de se recroiser, un jour. On sait que c’est compliqué, peu probable et assez rare et revoir tout ces gens qu’on croise. Mais on espère. Qui sait?

(C’était l’été dernier, aux Etats Unis, nous étions deux, et cette étape est racontée par Henri. Le premier épisode ici )

 

Music, Burgers & Freedom #10 – Alamosa